A la découverte des carrières de Sussargues
Vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus

Sussargues, comme beaucoup de villages languedociens, tire son nom et son emplacement des « villæ » (domaines) créés par les Romains, il serait issu de « Surtius » auquel on rajoute le suffixe « anicis » et signifierait : domaine appartenant à Surtius
Il faut attendre la féodalité (1194) pour voir le nom du village apparaître dans une charte le rattachant à la Seigneurie de Castries où il demeurera jusqu’à la Révolution
Les pierres de taille de nombreux bâtiments de Montpellier (les marches de la cathédrale Saint Pierre, celles du Peyrou, l’hôpital Saint-Charles, le centre de la sécurité sociale,...), d'un grand nombre d'hôtels particuliers (dont les hôtels Richer de Belleval et de Cambacérès) et des environs (l'aqueduc et le château de Castries, le château de Restinclières,...) ont été extraites des carrières de Sussargues, l’extraction de la pierre constituant, avec la vigne, l’un des deux éléments majeurs de l’économie du village
Contrairement aux carrières modernes qui furent exploitées de façon mécanisée à la scie ou même à l’explosif, les carrières de Sussargues n’ont connu qu’une exploitation manuelle et l'apparition du béton a sonné leur glas, la pierre étant plus lourde, plus chère et plus difficile à produire, les derniers coups de pioche y ont été donnés au début des années 1970


Les carriers ou "calus" (des durillons sur les mains -câleuses-) sortaient des pierres avec un outil appelé "escoude", sorte de pioche qui permettait d'éclater le volume d'un bloc
Aujourd'hui, des traces de leur difficile travail sont bien visibles, mais les carriers n'y sont plus
Notre balade nous emmène dans les carrières qu'exploitaient jadis les calus...
De tout temps, les hommes ont eu besoin de se ménager un abri contre les intempéries
La construction de cabanes en pierres sèches réalisée sans adjonction de mortier est une technique connue dès la préhistoire, et qui s'est perpétuée dans toutes les régions de collines et de plateaux au sol pauvre, où il suffisait à l'homme de se baisser pour ramasser des quantités considérables de pierres, ce qui est le cas dans nos régions arides
Ces cabanes ont eu, au fil des siècles, de multiples usages : abris pour les hommes ou les animaux, réserves permettant d'entreposer des outils agricoles ou des provisions, mais aussi postes de guet, puits ou citernes
Quant au nom "capitelle", il vient du latin capitellum, qui signifie "petite tête"
Un terme également utilisé en botanique, la capitule désigne une inflorescence en forme de tête globulaire ou ovoïde, mais aussi en anatomie, le capitellum désignant l'éminence arrondie située à l'extrémité inférieure de l'humérus
Au 12ème siècle, le terme capitellum a de nouveau été emprunté au latin pour désigner un chapiteau, une forme arrondie du haut, du toit
Au 20ème siècle, le terme "capitelle" a eu un grand succès dans tout le Languedoc Roussillon et a remplacé tous les mots locaux qui désignaient des constructions en pierre sèche...

Une très agréable balade familiale variée d'environ 6.80 kilomètres, serpentant dans des magnifiques sous-bois, un cheminement très bucolique et très facile à faire... un pur bonheur
C'est une plongée dans un autre siècle, celui du monde des calus, cette balade est donc, de plus, super intéressante !
Attention : cette balade que nous vous proposons est le résultat de nos reconnaissances, elle n'est pas (ou partiellement) balisée...