Pignan-Découverte (à revoir / photos)
A la découverte du village médiéval de Pignan
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Les premières traces d’occupation humaine à Pignan remontent à la préhistoire
À l’époque gallo-romaine, de grands domaines ruraux, appelés villae, s’étendaient de part et d’autre de la Via Domitia, le nom de Pignan provient vraissemblablement d’un propriétaire gallo-romain, Pinius
Pignan, c’est d’abord un cœur médiéval d’où se détachent les tours de l'ancien village et la silhouette du château du Comte de Turenne mais c'est aussi un patrimoine riche
La tour de l’horloge, vestige de la muraille de Pignan, construite en 1386, les anciennes halles du 19ème siècle, la maison Jourdan et la maison Burlon, édifiées aux 16ème et 17ème siècles, le fort Viel, construit à la fin du 12ème siècle sur les ruines d’un château rasé en 1160, la tour de Bosquet, l'ancienne chapelle des Pénitents, et bien d'autres
Pignan est un village qui fête ses 1000 ans en 2025, mais où l'histoire est omniprésente, ses rues, ses monuments et ses traditions sont autant de témoins d'un passé riche et fascinant...


Une balade dans les rues étroites de Pignan dévoile assez bien les structures médiévales du village : fenêtres à meneaux, petits escaliers en pierres, porches mystérieux, ou encore quelques restes des anciens remparts
Mais le village est réputé aussi pour ses domaines viticoles et pour ses huiles d'olives de qualité, alors ne restons pas dans le village, prenons aussi la clé des champs...
Pour accéder au parking du départ de notre balade, nous entrons dans Pignan par la rue André Solive, nous continuons tout droit et longeons l'arrière du parc du château, puis nous traversons l'avenue du Passet pour prendre en face le chemin du Bois, le parking est juste là, à notre droite, et il est gratuit
--- Explications sur la statue ---
Sitôt après le vote de la loi sur les chemins de fer d’intérêt local le 12 juillet 1865, le conseil général de l’Hérault décide la création d’un réseau départemental qui sera construit par le département avec le concours financier des communes et une subvention de l’État
Créée en 1868, la Compagnie des chemins de fer d’intérêt local du département de l’Hérault construira et exploitera des lignes ferroviaires complétant les dessertes mises en place par la Compagnie du Midi et le PLM
Elle obtient la concession d’une première ligne entre Montpellier et Palavas-les-Flots, qui ouvrira le 9 mai 1872
Puis c'est au tour de la ligne Montpellier-Béziers, dont la mise en service s'est faite en plusieurs étapes, à commencer par la section Montpellier - Montbazin (20 km) le 8 novembre 1869, et qui ouvre dans son intégralité (soit 80 km) en 1902
En fait cette ligne partait de la gare qui existait auparavant à Chaptal (là où il y a désormais une compagnie d'assurances agricole) puis bifurquait à la gare de Celleneuve pour aller desservir les villages de Lavérune, Pignan, Cournonterral et Cournonsec
Mais des conflits éclatent rapidement avec les deux grandes compagnies présentes sur le territoire de l’Hérault : la Compagnie des chemins de fer du Midi et la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée
Chacune des deux compagnies établit une liaison directe avec Paris, au départ de Béziers pour le Midi et au départ de Nîmes pour le PLM et Montpellier se retrouve esseulée entre ses deux voisines
De plus, dès 1857, ces deux grandes compagnies décident de créer un point de jonction entre elles à Sète
Entre problèmes financiers et baisse des voyageurs, la ligne fermera définitivement en 1948...
Le premier temple protestant est construit en 1598, après la publication de l'Edit de Nantes, qui dans un but avoué d’unité religieuse du royaume, fixe les conditions de coexistence entre catholiques et protestants, mais la pratique du culte protestant est cependant assez limitée !
Tout comme le deuxième édifice, il est détruit lors des guerres de religion qui se sont succedées dans le royaume de France de 1562 à 1598
Une troisième construction ouvre ses portes en décembre 1803, avec les dons et financements des paroissiens
Durant les périodes de la terreur blanche, le seul temple incendié dans le département de l'Hérault est celui de Pignan en août 1815 par des royalistes, des incidents politico-religieux ayant eu lieu à la suite du second retour de Louis XVIII entraînant la chute de l'empire
La Tour de l'Horloge, qui date de 14ème siècle, est la tour la plus importante de la nouvelle muraille de Pignan, construite en 1386
Accolées à la Tour de l'Horloge, les anciennes halles ont été construites au 19ème siècle
La chapelle des Pénitents :
Ancienne chapelle du château (voir ci-dessous), la chapelle des Pénitents fut démolie à plusieurs reprises durant les guerres de religion, notamment en 1621, avant d’être rebâtie en 1672
Église paroissiale jusqu’en 1858, elle devient ensuite la chapelle des pénitents blancs après l’inauguration de l’église actuelle
La Tour de Bosquet :
Mesurant près de 25 mètres de hauteur, elle date du 12ème siècle, tout comme la tour Communale (voir ci-dessous) mais appartient à un autre château féodal
Elle est entièrement bâtie en opus monspelliensis, c'est à dire en pierres posées alternativement à plat et sur champ, en assises minces et hautes, ce qui est un signe de richesse, et qui assure également une solidité à toutes épreuves à l’édifice
Ce qui nous permet de l’admirer encore aujourd’hui !
Depuis 1999, la tour de Bosquet est un monument privé inscrit au titre des Monuments historiques
La Tour du Fort viel :
Construit à la fin du 12ème siècle sur les ruines d’un château, rasé en 1160, qui comportait cinq tours
Des modernisations ont été effectuées à la fin du 16ème et au début du 17ème siècle, incluant des encadrements et un portail à bossages
Un bossage, en architecture, est une saillie à la surface d'un ouvrage de pierre, elle peut être sculptée ou laissée brute, le plus souvent pour orner un édifice, créant un jeu d'ombre et de lumière, mais aussi dans un but défensif, rendant le mur moins vulnérable aux attaques par boulets (par exemple)
La tour communale, l’une des cinq tours du Fort Viel, se dresse à côté de l’ancienne église, soutenue par trois arcs-boutants
Arcs-boutants sous lesquels nous allons passer dans quelques mètres
La tour est également entièrement bâtie en opus monspelliensis (voir ci-dessus)
Le Château des Bashy du Cayla, dit du Comte de Turenne, a été réalisé en deux campagnes
En 1673, un aristocrate local, Gabriel d'Hèbles, seigneur de Pignan et baron de Las Ribes, lance la construction de sa maison, après démolition des bâtiments existants et d'une partie du mur médiéval, sur le modèle des constructions montpelliéraines avec fenêtres à meneaux
Mais il décède avant l'achèvement de son château et de son orangerie, sans descendance malgré ses deux mariages
Le nouveau propriétaire du lieu, Henri 1er Bashy du Cayla, marquis de Pignan et baron du Cayla, fait appel à l'architecte Augustin-Charles d'Aviler, auteur de l'arc de triomphe du Peyrou à Montpellier, pour poursuivre le chantier achevé en 1698
En 1777, Gabrielle Pauline de Baschi épouse Joseph Marie de Turenne, marquis d'Aynac, le château devient le fief de la famille de Turenne
En 1888, Napoléon Joseph de Turenne, 3ème marquis de Pignan, vend le château à la commune
Il fait actuellement fonction d'Hôtel de ville de Pignan et le marquisat de Pignan est retourné à la Couronne de France par absence d'héritier
Depuis 2012, il est inscrit au titre des Monuments Historiques
La maison Burlon fait partie des derniers vestiges d'une commune dont les premières traces de son existence remontent en 1025
Elle est construite sur les restes 16ème - début 17ème siècle, est surmontée d’une élégante échauguette portée sur un triple encorbellement (une saillie) circulaire qui renferme un escalier à vis
Une échauguette, terme qui vient de l’ancien français "escargaite", est une petite pièce carrée, polygonale ou cylindrique destinée à abriter un guetteur et lui permettre d'avoir un champ de vision complet sur le secteur
Par extension, elle désigne un petite tourelle placée aux angles d'édifices civils et d'habitations, ce qui est notre cas ici
La cave coopérative a été fondée en 1937 pour répondre aux besoins de la nombreuse production viticole de Pignan
La décoration des deux frontons date du début des années 1950 lorsque Paul Brès a construit un deuxième corps de bâtiment semblable à celui d’origine et évoquent la vendange et les plaisirs de la sociabilité

Une bien agréable balade familiale très variée d'un peu moins de 7 kilomètres très sympa car elle nous fait découvrir Pignan sous son aspect médiéval et nous entraîne aussi en pleine campagne où le calme règne en maître
Et rien n'empêche d'aller également faire un tour à la coopérative oléicole (quartier de la Bornière, juste en bordure de la M5) où, en plus des huiles et dérivés classiques, tout un panel de produits locaux sont proposés à la vente
Attention : cette balade que nous vous proposons est le résultat de nos reconnaissances, elle n'est pas (ou partiellement) balisée...