Entre châteaux et Vidourle à Marsillargues

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Livre d'histoire

Pratiqué dès le 16ème siècle en Languedoc, le jeu du brassard se jouait essentiellement à quatre contre quatre et consistait à se renvoyer une grosse balle à l’aide d’un cylindre de bois, dit brassard, pour se protéger la main

Ce jeu ne se pratiquait pas avec les pieds : le bracciale était un bracelet en bois sculpté pesant 2 kg porté sur l’avant-bras avec un dispositif intérieur qui lui permet d’être tenu fermement

Son rôle était de donner plus de puissance à l’impact de la balle et donc de la propulser loin haut et fort

Il n’était donc pas surprenant que des dégâts soient régulièrement constatés aux abords de ‘lou plan’ et du château où il est pratiqué..

En 1735, la chapelle du château ayant été endommagée, des réparations sont engagées dans l’urgence et cela oblige le vitrier Claude Germain de Lunel à renouveler ses devis : il en coûtera désormais 90 livres à chacun de ses déplacements !

En 1861, le brassard fut abandonné par les joueurs au profit du tambourin, plus maniable et plus efficace

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Marsillargues Château Virdourle logo

Si Marsillargues a été dernièrement sous les feux de l'actualité parce que Julien Doré y a acheté une ancienne école pour la réhabiliter, elle est aussi la porte de la Petite Camargue

Bordée par le Vidourle, frontière naturelle avec le Gard, c'est une terre de bouvine et de traditions camarguaises

Notre balade va nous emmener à la rencontre du patrimoine historique local, mais aussi à la rencontre des origines de ces traditions...

Notre balade démarre d'un immense parking qui est dans le village, accessible par la 1ère sortie à droite au rond-point Jean-Pierre Delpuech quand on vient de Lunel, qui est formé entre les voies du boulevard Emile Zola

Il y a de nombreuses places gratuites, disponibles... et ombragées

Nous prenons en direction du rond-point l'esplanade où nous avons stationné notre véhicule, nous sommes sur l'allée Roger Meseguer

Les immenses platanes qui y sont plantés en font un lieu très ombragé et donc très agréable

Au bout d'environ 200 mètres, en fonction de là où est stationné notre véhicule sur cette immense esplanade, nous arrivons au rond-point au milieu duquel s'élève une porte en béton un peu moderne

Nous prenons le passage protégé qui est à notre droite

Nous sommes sur le boulevard Gabriel Péri, nous le prenons par la gauche en direction du château

Nous traversons la rue Karl Marx qui est à notre droite puis nous longeons la place du 19 mars 1962

Après 120 mètres de cheminement, nous arrivons devant les hautes grilles du château

Nous entrons dans le parc et admirons l'édifice :

Le château a été bâti en 1305 par Guillaume de Nogaret, qui a obtenu la seigneurie de Marsillargues (et bien des villages alentours) en récompense de ses services rendus au roi Philippe IV le Bel

Vers 1560, Jean de Louet de Calvisson a entreprit la construction d’un nouveau château à l’emplacement de celui de son ancêtre, l’aile nord est entièrement refaite, richement sculptée de de guirlandes de fruits retenues par des mascarons en mufles de lion, des têtes joufflues ou visages barbus, ainsi que de nombreux trophées d’armes célèbrant les exploits militaires de son propriétaire et des différents emblèmes rendant hommage au pouvoir royal

En 1679 est construite l'aile sud avec pour particularité d'être agrémentée d’une façade quasiment identique à celle de l’aile nord, alors qu'en fait elle abritent des écuries et des greniers, les représentations sont néanmoins plus guerrières et les emblèmes de Louis XIV prolifèrent

L’orangerie est construite en 1767 afin de fermer l’ensemble, un vaste parc se développe alors dans le prolongement de la cour d’honneur, il est ponctué de bassins circulaires, point d’intersection d’allées se recoupant en étoiles et en angles droits

Dans la nuit du 19 au 20 mai 1936, un incendie catastrophique se déclare dans l’enfilade de salles jouxtant la galerie Louis XVI qui est alors totalement détruite, ainsi que l’étage supérieur (bibliothèque) et l’escalier d’honneur, seule la façade Renaissance reste debout

La mairie de Marsillargues rachète le château en 1948 et est classé Monument Historique depuis 1995

Mais des fissures importantes sur les murs et les plafonds présentent des risques de chute de pierres, les portes et les fenêtres, fortement endommagées, sont en ruine et l'humidité ambiante accroît les risques de dégradation, particulièrement sur les gypseries, rendant une intervention urgente

Rien que pour l'aide lord, les travaux sont estimés à 1,2 million d'€, en décembre 2023, le Château s'est voit octroyer une aide substantielle de 80 000 € par la Mission Patrimoine initiée par Stéphane Bern et soutenue par le Loto du Patrimoine

Nous traversons totalement le parc et arrivons au bout de 200 mètres devant l'orangerie, nous prenons à droite et sortons du parc

Après avoir passé une porte monumentale, nous arrivons sur les arènes, nous prenons la rue par la gauche en direction d'une barrière métallique
20 mètres plus loin, nous passons devant l'hôtel de ville 

Puis devant l'église

Après 60 mètres de cheminement, nous arrivons sur la rue Karl Marx, nous la prenons par la gauche

30 mètres plus loin, nous arrivons sur la rue Jean Jaurès, que nous prenons également par la gauche après l'avoir traversée

Après 40 mètres, nous prenons la rue Curie qui est à notre droite


Nous la suivons très fidèlement

Après 220 mètres de cheminement, nous arrivons à une croisée de rues, nous prenons légèrement à gauche en direction du petit rond-point qui est devant nous

Rond-point que nous traversons en utilisant le passage protégé qui est à notre gauche
Nous prenons la direction d'Aimargues et entrevoyons le pont Boulet (c'est son nom !) qui enjambe le Vidourle

80 mètres après avoir quitté la rue Curie, juste avant d'emprunter le pont, nous prenons la petite rue à notre gauche

70 mètres plus loin, nous arrivons devant une usine hydroélectrique qui date de 1889

Actionnée par le Vidourle, elle fournissait du courant à Marsillargues, mais également à Vauvert, Saint-Laurent-d’Aigouze, Lunel-Viel et Lansargues
Un Vidourle qui est bien calme, mais qui peut s'avérer parfois très capricieux
Nous revenons sur nos pas

Au bout de 70 mètres, nous prenons la route par la gauche pour emprunter le pont 

Nous admirons au passage le Vidourle qui franchit bruyamment l'ancien barrage de l'usine

Il est plus calme de l'autre côté du pont

Attention en traversant la route, heureusement que la circulation est régulée par des feux tricolores !

190 mètres après avoir quitté notre rue, nous traversons la chaussée pour prendre le petit chemin herbeux qui est de l'autre côté, en faisant très attention à la circulation car il n'y a aucun aménagement pour les piétons

Nous cheminons sur le sommet de la digue qui canalise le Vidourle, notre chemin est très confortable

Nous passons le fleuve, bordé par des grands arbres, c'est vraiment très agréable, très apaisant
Nous avons de très jolies vues sur la campagne gardoise, tout au fond nous devinons Vauvert

Après 240 mètres de marche, nous voyons un ancien moulin avec des anciennes meules

Au moyen-âge, plus de 60 moulins étaient implantés au bord du Vidourle et utilisaient la force de l'eau et du vent pour produire de la farine et de l'huile... d'olive, bien sûr !

220 mètres plus loin, nous franchissons une barrière métallique et nous continuons notre chemin sur la digue

Nous restons très fidèlement sur notre digue
Nous continuons à longer le Vidourle et la végétation est toujours aussi présente

Après 600 mètres de marche, nous voyons sur notre gauche une grande propriété avec des grands murs et des grands arbres, nous prenons le chemin de droite

170 mètres plus loin, nous arrivons des grands platanes

Sous lesquels des pierres sont savamment disposées pour faire un agréable lieu de pique-nique

Une excellente occasion d'une bien appréciable collation !

Nous reprenons notre cheminement, toujours aussi agréable
Au bout de 200 mètres, à la croisée avec un autre chemin, nous continuons tout droit
Nous restons fidèlement sur la digue

730 mètres plus loin, nous arrivons vers un parc avec des cèdres magnifiques, nous franchissons la barrière métallique qui est à notre gauche

Nous traversons ce parc
Au bout de 110 mètres, nous arrivons sur un chemin de campagne, nous le prenons par la gauche
Notre chemin est lui aussi très confortable

Nous traversons des champs de culture et des prés où paissent des animaux

Puis nous remarquons sur notre droite un magnifique domaine agricole
Nous sommes tout début avril, nous voyons nos premiers lilas de l'année !

Après 520 mètres de cheminement, nous arrivons sur une petite route, nous la prenons par la gauche


Nous marchons avec précaution car il y a un peu de circulation
Sur notre gauche, nous remarquons une superbe propriété, c'est le mas de Praviel

C'est en 1837 qu’Emile Larnac, magistrat à la Cour de Nîmes et conseiller municipal de Marsillargues et d'Aimargues, achète à la famille d’Anglas de Praviel le mas Praviel

En 1894, son fils Julien décide l’ajout de bâtiments surmontés d’un belvédère, puis d'une tourelle construite pour sa petite fille Antoinette dont il est le parrain

Antoinette Guillierme, surnommée affectueusement Fanfonne, est née le 31 octobre 1895 à Paris dans un milieu bourgeois protestant, alors qu'elle a 9 ans, la famille descend définitivement s’installer à Aimargues dans la grande propriété familiale

Fanfonne y améliore sa pratique de l’équitation, débutée très jeune quand elle était encore à Paris

Elle fait la connaissance de voisins prestigieux : le peintre Jean Hugo, arrière petit fils de Victor Hugo et propriétaire d'un mas tout proche, le poète Frédéric Mistral ou le marquis de Baroncelli, qui lui donnent la passion de la culture camarguaise et des traditions taurines

Elle devient la 1ère femme manadière, est à l’origine de la création de la jupe gardianne, et à l’initiative de la reconnaissance de la race de cheval de Camargue, sa première passion avec les taureaux

Devenue une icône, d’une grande culture et d’une incroyable modernité, elle a été distinguée comme ambassadrice de la Camargue en 1975 à Paris pour l’année de la femme

Depuis, chaque année, le 1er dimanche du mois de mars, Fanfonne Guillierme est célébrée à Aimargues, qui organise un grand défilé de cavaliers, calèches, arlésiennes et groupes folkloriques, une journée qui marque traditionnellement l’ouverture de la saison taurine dans la région

300 mètres plus loin, nous ignorons la petite route qui est à notre droite et continuons notre cheminement

Au bout de 200 mètres, nous passons devant une autre demeure magnifique, c'est le château de Teillan

Le château de Teillan, inscrit aux Monuments Historiques depuis le 8 juin 1995, est bâti en place d'un ancien castrum romain qui portait le nom de « villa Tellianis » et dont les plus anciens documents datent de 814 et 960

Il a été acquis en 1609 par Philippe de Bornier, Conseiller du Roi Louis XIV et président à la chambre des comptes de Montpellier

Grâce à un décret de 1635, il fut autorisé à rassembler des vestiges romains dans le magnifique parc aménagé autour de stèles et de bornes romaines exceptionnelles, toujours visibles, on y admire également de beaux spécimens d'arbres : gingko biloba, séquoia et photinia

Le château est doté de trois édifices remarquables : la noria, le pigeonnier du XVIe siècle et la salle capitulaire dans le corps du logis du château

Le pigeonnier à voûte en mitre d'évêque a été réalisé en pierre de taille vers 1600 avec une échelle tournante intérieure en bois

La salle voûtée du rez-de-chaussée servait de prison pour la seigneurie

La noria (puits à roue), reliée au Vidourle par un aqueduc souterrain, date de 1609, elle a été remaniée sous la Restauration de manière à constituer un vaste bassin alimenté par une vasque de déversement en pierre, à la place de l'ancienne auge en bois, sa mécanique a été constamment entretenue jusque vers 1920, car elle arrosait le jardin potager

Nous continuons notre cheminement, qui est toujours aussi confortable (et ombragé !)

300 mètres après être passés devant le château, nous retrouvons le chemin qui borde le Vidourle

Nous empruntons à nouveau sur le sommet de la digue qui canalise le Vidourle
Notre cheminement est toujours aussi agréable

Cette balade sur les bords du Vidourle nous aura donné l'occasion d'admirer quelques jolies fleurs :

Fumeterre des Murets
Sauge à feuilles de Verveine
Tulipe des Bois
Etoile du Printemps

Après 920 mètres de marche, nous arrivons sur la route d'Aimargues, nous la traversons avec prudence (il y a toujours autant de circulation !)

Puis nous la prenons par la gauche pour emprunter le pont Boulet en direction du village

240 mètres plus loin, nous arrivons dans le village, juste avant le petit rond-point que nous avions contourné tout à l'heure, nous traversons la route par la gauche en empruntant le passage protégé 

Puis nous prenons la petite rue qui est à notre gauche, tout contre le pont, c'est la rue Jean-Jacques Rousseau

40 mètres plus loin, nous franchissons une barrière métallique et continuons sur un petit chemin qui longe le pont


Nous nous retrouvons en haut de la digue

Nous suivons le Vidourle, mais cette fois du côté héraultais

Après 120 mètres de cheminement, arrivés à une fourche, nous prenons le chemin de droite
320 mètres plus loin, nous prenons le petit chemin qui est à notre droite
Notre petit chemin descend vers une barrière métallique

Au bout de 100 mètres, après avoir franchi la barrière métallique, nous arrivons sur une rue, nous la prenons par la droite

Nous sommes rue Théodore Aubanel

Après 220 mètres de cheminement, nous arrivons sur la rue Jean-Jacques Rousseau, nous la prenons par la gauche

Au bout de 70 mètres, nous ignorons la petite rue qui est à notre droite

50 mètres plus loin, nous prenons cette fois la rue qui est à notre droite, c'est le boulevard Louis Uni Apollon

Au n° 6, nous découvrons une plaque commémorative : "C'est dans cette maison que naquit Louis Uni le 21 février 1862"

À l'âge de 14 ans, Louis Uni s'échappe de chez ses parents pour rejoindre un cirque italien ambulant à Lunel, mais pendant un spectacle, la police l'arrête et le reconduit dans sa famille

Ce qui ne l'empêche pas de repartir et cette fois direction la capitale où il débute aux Folies Bergère, son entrée en scène est impressionnante : il écarte les barreaux de fer d’une grille derrière laquelle il est emprisonné

Rebaptisé Apollon en raison de sa beauté et de sa force, il soulève à l'âge de 17 ans quatre poneys tout en étant suspendu par les jambes à un trapèze

Les directeurs des plus grandes salles de spectacle se l'arrachent, il participe à tous les championnats de force organisés dans le monde entier et partout il est reconnu comme étant le champion incontesté de l'univers

Parmi tous ses exploits, il a épaulé et jeté un essieu muni de ses 2 roues de wagon de chemin de fer d'un poids de 165 kg

Il a également joué dans de nombreux films

Mais en 1913, lors d'une représentation à Vichy au cours de laquelle il retient deux voitures, il se blesse sévèrement, compromettant sérieusement sa carrière

Il décède le 19 octobre 1928 à Evreux d'un abcès à la gorge

Après 160 mètres de marche, nous arrivons sur une route assez passagère, c'est le boulevard Victor Hugo

A notre droite, nous voyons un monument aux morts
Et à notre gauche un temple protestant

En 1517, Martin Luther, moine allemand et professeur de théologie, cherche à réformer l’Église

Après son excommunication en 1521, les églises luthériennes voient le jour en Allemagne

En France, Jean Calvin, juriste, se convertit aux idées de Martin Luther qui se diffusent alors en France

En 1534, il se réfugie à Genève d’où il organise les Églises protestantes françaises selon son propre modèle : c’est ainsi que l’Église réformée de France voit le jour et tient sa première assemblée en 1559 à Paris, dans la clandestinité

La loi du 9 décembre 1905 accorde le droit d'existence aux religions en France, le protestantisme s’organise alors au sein de la Fédération Protestante de France et les familles réformées s’unissent presque toutes en 1938 autour d’une Déclaration de Foi commune, constitutive de l’Église Réformée de France

Nous traversons le boulevard et nous retrouvons notre allée de platanes et (donc) notre véhicule, qui est à environ 200 mètres de nous, en fonction de là où il est stationné sur cette immense esplanade
En conclusion

Une bien agréable balade familiale très variée d'un peu plus de 7 kilomètres qui nous fait passer du village aux bords calmes et ombragés du Vidourle avant de nous faire plonger dans l'histoire locale 

De plus, son cheminement est plat et très confortable... un vrai bonheur !

Attention : cette balade que nous vous proposons est le résultat de nos reconnaissances, elle n'est pas (ou partiellement) balisée...