Le sentier des Asphodèles à Ferrières-les-Verreries
(vous pouvez agrandir les photos en cliquant dessus)
Le nom de ce village témoigne des deux industries qui ont marqué son histoire :
- les ferrières (du latin ferrum, fer) qui désignaient au moyen-âge des sites où l’on extrait le minerai de fer, traité sur place à proximité d’une forge ou d’une fonderie et d’une forêt fournissant le combustible
- l'activité de la verrerie, autrefois très active sur la commune, comme l’attestent les vestiges de Couloubrines
Cette balade est plus éloignée qu’à l’accoutumée (nous serons à 47 kilomètres de Lattes), mais la promenade vaut vraiment le déplacement
Son départ se fait du parking du mas de Baumes, une verrerie du XIIIème siècle propriété de l’évêque de Maguelone
Elle cesse son activité en 1746 et devient un domaine entièrement voué à l’agriculture et à l’élevage (une bergerie)
En 2005, les locaux sont rénovés et transformés en hôtel-restaurant

Le sentier est dénommé "des asphodèles", effectivement il y en a plein mais elles ne sont pas encore en fleur, nous effectuons notre reconnaissance à la mi-mars et il est encore trop tôt pour cela

Le domaine est doté d’un très grand parking où nous pouvons stationner nos véhicules
Le point de départ du sentier est un escalier en pierres, qui est en bordure haute du parking

A notre droite, nous voyons le massif de la Séranne qui bouche l’horizon avec le Roc-Blanc

Nous repérons sur notre droite un panneau balisé, mais attention : ce n’est pas le nôtre !

En fait, il faut bien repérer devant les bâtiments un bois de chênes, c’est très mal indiqué mais c’est là notre point de départ
Il y a un indice : des belles dalles naturelles qui recouvrent le sol

Notre sentier est super bien balisé, il suffit de suivre les cairns, qui sont des amas artificiels de pierres destinés à marquer un lieu, un mot breton d’où est tiré (par exemple) le nom de la ville de Carnac, la cité aux 3.000 menhirs, comme quoi tout a une certaine logique !

Au bout de quelques de mètres, nous marchons sur des pierres un peu instables
Nous découvrons un trou dans le sol, en fait il s’agit d’une cachette des artisans du verre, restés huguenots et persécutés par les protestants sous le règne de Louis XIV
Un peu plus loin, nous découvrons un ancien four à chaux
Montpellier, avec sa Faculté de Médecine, commande du verre en grandes quantités, c’est également une marque de richesse que de posséder de belles verreries, les nobles s’en délectent !

L’implantation des verreries s’explique essentiellement par l’abondance de bois, combustible indispensable au fonctionnement des fours, la chaux est un élément constitutif du verre obtenu à partir de la calcination (cuisson à très haute température) du calcaire

La fabrication du verre était considérée comme un art noble, les gentilhommes verriers possédaient de nombreux privilèges et tenaient leurs Assemblées générales à Sommières, d’où le nom du “chemin des verriers”, qui reliait Sommières au Causse de l’Hortus
Nous voyons un peu plus loin une ancienne cabane de charbonnier, on a besoin de charbon pour chauffer les fours, alors on transforme le bois sur place, il doit se consumer et ne pas s’enflammer, d'où une surveillance constante
Et du bois, il en a été utilisé : plusieurs siècles plus tard, le sol y est toujours noir !
Notre chemin continue parmi les chênes
Le petit (ou faux) houx de garrigue

Les cerisiers sauvages

Les euphorbes

Les violettes

Les renoncules
Les orchidées sauvages
Les lichens, qui ont parfois une âme d’artiste
Et quelques vestiges de l’automne
Notre sentier chemine agréablement dans le bois
Un peu plus loin, nous découvrons une tour de berger, un amas de pierres pourvu d'un escalier permettant aux bergers d'avoir un champ de vision périphérique de leurs lieux de pacage, pour une surveillance efficace des troupeaux
Encore un peu plus loin, nous voyons une table de pique-nique, bien accueillante sous ce grand chêne !
Après une collation bien méritée, nous suivons le balisage et prenons donc à gauche
Puis à droite environ 300 mètres plus loin
Nous retrouvons un bois de chênes, et prenons à gauche le passage balisé dans la brèche du mur que nous suivons
Nous débouchons alors dans la grande prairie du mas de Baumes, que nous retrouvons
Nous avons deux possibilités : soit rejoindre directement le parking qui est à 200 mètres ou soit continuer tout droit et rejoindre le parking après une petite boucle de 700 mètres, ce qui est l’option que nous retenons
Attention a ne pas rater la petite trouée (mal signalée) dans le muret sur notre gauche à environ 250 mètres (repérer la petite montée)
De l’autre côté, sur notre gauche, un agréable cheminement nous ramène vers le mas

Où nous retrouvons nos véhicules

Nous vous proposons là une très agréable balade familiale de quasiment 5 kilomètres, variée, en pleine campagne, ombragée, très calme, et très instructive !
Les quelques difficultés étant l'instabilité des quelques passages empierrés, mais cependant très facilement franchissables...